Spécialités régionales
Caldereta de llagosta
La pièce maîtresse incontestée de la cuisine minorquine : le homard européen épineux (llagosta, Palinurus elephas) fendu vivant et braisé dans une profonde marmite en argile (caldera) avec de l'oignon, de la tomate, de l'ail, un trait d'eau-de-vie locale et de l'huile d'olive. Le homard est cuit en deux étapes — le corps en dernier, pour éviter une surcuisson — et le bouillon, coloré en orange vif par le corail et le tomalley, est versé sur du pain grillé que l'on mange en premier, les morceaux de homard suivant ensuite. La saison s'étend d'avril à août ; en dehors de ces mois, il est congelé et n'est plus qu'une ombre de lui-même. Un plat réservé aux grandes occasions plutôt qu'au quotidien.
Queso de Mahón
Un fromage au lait de vache carré, en forme de coussin, unique à Minorque, protégé par une AOP depuis 1985. Fabriqué à partir du lait de bovins Frisonne et Minorquine, frotté à l'huile d'olive et au paprika ou au beurre pendant l'affinage, ce qui donne à la croûte sa couleur orange caractéristique. Vendu à quatre stades : tierno (tendre, 10 jours, blanc et doux), semi-curado (2 mois, légèrement plus ferme), curado (5 mois, intense et légèrement granuleux) et añejo (plus d'un an, piquant et cristallin). La version artesà est fabriquée avec du lait cru ; la version industrielle avec du lait pasteurisé. À acheter au marché ou directement dans les fermes autour de Sant Lluís.
Pa amb oli
Le socle des Baléares : du pain de campagne frotté avec la face coupée d'une tomate bien mûre, arrosé d'huile d'olive et d'une pincée de sel, mangé en entrée ou en en-cas à n'importe quelle heure. À Minorque, les garnitures les plus souvent ajoutées sont le fromage de Mahón, la sobrassada (produite ici aussi, bien que plus douce que celle de Majorque), du thon à l'huile d'olive ou une tranche de jambon cru. Le pain a son importance — un bon pa amb oli nécessite une miche de campagne dense et légèrement acidulée qui peut absorber la tomate sans se désintégrer.
Greixonera de brossat
Une crème cuite au four à base de brossat (fromage frais minorquin, similaire à la ricotta), d'œufs, de sucre, de zeste de citron et de cannelle, cuite dans la greixonera (le plat traditionnel en terre cuite de l'île). Le résultat est plus dense et moins sucré qu'un crème caramel français, avec une légère note fromagère due au brossat. Une deuxième version, la greixonera de porc, est salée — du porc braisé cuit dans le même récipient en argile. C'est la version sucrée que l'on trouve sur les menus des restaurants en guise de dessert.
Tumbet
Partagé avec Majorque : un gratin cuit lentement, composé de couches de pommes de terre, d'aubergines et de poivrons rouges frits séparément, nappé de sauce tomate. À Minorque, il accompagne plus souvent le poisson (mérou ou dorade cuits au four) que la viande, témoignant de la plus grande orientation de l'île vers les fruits de mer. Une portion généreuse constitue un repas en soi ; une portion plus petite est servie à côté du poisson grillé dans presque tous les restaurants traditionnels.
Sobrassada menorquina
La version minorquine de la saucisse de porc à tartiner des Baléares — plus douce et moins chargée en paprika que la variété majorquine IGP, souvent préparée avec une proportion plus élevée de viande maigre, ce qui lui donne une couleur plus claire et une saveur plus délicate. À tartiner sur du pa amb oli ou à déguster avec du fromage de Mahón et un verre de vin blanc en ouverture de tout repas traditionnel. Les producteurs locaux à travers l'île la fabriquent encore à la main selon des recettes familiales.
Peix a la menorquina
Une simple préparation de poisson cuit au four qui repose entièrement sur la qualité de la pêche : poisson local entier (dorade, mérou, pagell) cuit avec des pommes de terre en tranches, de la tomate, de l'oignon, du vin blanc, de l'huile d'olive, du persil et une pincée de paprika. La technique ne demande presque rien — un four, un bon plat en argile, un excellent poisson. Présent dans toute l'île dans n'importe quel restaurant proche des ports de pêche de Fornells, Ciutadella ou Maó.
Oliaigua amb figues
Une soupe paysanne d'une simplicité extraordinaire — eau, huile d'olive, ail, tomate et oignon, parfois avec du pain sec. Le nom signifie littéralement « huile et eau ». Consommée chaude en hiver avec une assiette de figues fraîches en accompagnement, ou froide en été. L'un des plats les plus anciens encore en usage sur l'île, il est antérieur au homard, au fromage et au gin ; c'est ce que mangeaient les Minorquins quand il n'y avait rien d'autre. De plus en plus difficile à trouver sur les menus des restaurants, mais encore préparée dans de nombreux foyers.